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Patricia Nolan, Strip-tease, poèmes, Le Castor Astral, coll. " Escales du Nord ", mars 2005.
Traduit de l'anglais (Irlande) par Emmanuèle Sandron. Édition bilingue.


Dans Strip-tease, c'est l'âme qui se déshabille : Patricia Nolan nous emmène sur les traces des amours qui filent entre les doigts et des mariages de fortune, bonne ou mauvaise - mais trop souvent maussade. En chemin, elle nous invite à retrouver le parfum de l'enfance, les rêves et les blessures qu'on n'oublie pas, la vieillesse toujours proche, mais aussi les paysages qui apaisent le cœur et les moments de paix qui enchantent durablement. Des vies entières se nichent dans chaque poème, dérisoires et magnifiques.

Extrait (télécharger l'extrait) :

Walking Away

in memory of George Adams

Last time you saw me, you hugged me,
shuffled up the street in your tired overcoat,
a small frightened suitcase in your hand.
Every few steps, you turned to raise your hat
in pale farewells. I waved too, eager for you
to see my sorrow as you walked away.

Summer holidays never felt the same
that year and when school began again,
you still had not come home. I prayed
to Saint Theresa, swore always to behave,
promised pocket money to Saint Anthony
if only you got well. The whole school prayed.

When I heard the news, rebellion replaced
my childish prayers. I cursed Teresa into hell
and to this day still avoid her statue in church,
the odd time I wander in to pray, mindful how
children wield no magic wands, saints no caducei.


Départ

à la mémoire de George Adams

La dernière fois tu m'as serrée dans tes bras,
tu t'es éloigné en traînant dans ta gabardine fatiguée,
une petite valise effrayée à la main.
Tu te retournais tous les trois pas,
levant ton chapeau en pâles adieux.
Moi aussi je te faisais signe,
pour te montrer ma tristesse.

Les vacances d'été n'ont plus eu le même goût
cette année-là, et quand l'école a repris
tu n'étais toujours pas rentré.
J'ai prié sainte Thérèse, juré d'être sage
promis mon argent de poche à saint Antoine
pour que tu guérisses. L'école entière a prié.

Quand j'ai appris la nouvelle, la révolte
a remplacé mes petites prières.
J'ai maudit Thérèse en enfer,
et à l'église, j'évite encore sa statue,
quand à l'occasion je m'y aventure pour prier,
consciente que les enfants
ne possèdent pas de baguette magique,
les saints pas de caducée.