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Thomas Gunzig, À part moi personne n’est mort, nouvelles, Le Castor Astral, coll. « Escales du Nord », 1999. Réédité en janvier 2007 dans la collection de poche « Millésimes » aux éditions Le Castor Astral.

"Le problème, avec toutes ces histoires, c'est que non seulement on ne sait pas où elles vont finir mais que, en plus, on ne sait pas où elles ont commencé. Cependant, à y bien réfléchir, on se rend compte que c'est comme ça partout. Et que même en restant dans sa chambre sans téléphone, sans télévision et sans radio, on peut se dire qu'on y est, dans une histoire, et qu'il n'y a pas moyen d'en sortir." (Th.Gunzig)

Le suicide, la guerre, le sexe, le racisme, la torture, la solitude ... Thomas Gunzig aborde les sujets les plus délicats de façon frontale. Son monde sans pitié est celui de l'instabilité, d'une menace planant sans cesse sur nos vies. Sa poésie violente s'exprime au rythme d'une imagination effrénée. D'une nouvelle à l'autre, on sent l'étrange compassion d'un auteur qui assiste sans l'avoir voulu aux convulsions d'un univers déréglé. Terreur ? Et pourtant, l'humour qui surgit ici et là, dévastateur, apparaît comme le dernier rempart contre la folie.

Extrait (télécharger l'extrait) :

  "Il y avait trois types dans cette histoire. Trois types rendus vraiment dégueulasses par les vies qu'ils avaient, des vies faites de boulots aussi merdiques que gardien de nuit ou vidangeur dans les garages, des vies sans la moindre nana. D'ailleurs, quelle nana voudrait d'un gardien de nuit ou d'un vidangeur ? Pas une, ou alors un laideron tout droit sorti du ruisseau et dont aucun des trois, malgré leur grand désespoir sexuel, n'avait envie de se satisfaire. Ils avaient des vies, enfin, imposant à leur organisme un important déficit en vitamines et en sels minéraux, jamais de légumes verts, jamais de viande. Des chips et du Coca, c'était tout ce que ces types mangeaient et buvaient. Tous les trois avaient des vraies mines de déterrés, ils auraient pu faire de la figuration dans un film de George A. Romero. Ils se dégoûtaient les uns les autres.
  À force de travailler comme des cons, de n'avoir ni nana ni bouffe valable, les trois types se laissaient complètement aller : ils ne se lavaient jamais, se fichaient éperdument d'avoir des boutons plein le dos ou la figure, et passaient leur temps à se gratter les couilles et à se demander comment faire sauter le grand magasin en face duquel ils habitaient."