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Philippe Blasband, Le livre des Rabinovitch, roman, Le Castor Astral, coll. « Escales du Nord », 1998. Réédité en février 2006 dans la collection de poche « Millésimes » aux éditions Le Castor Astral.

Le livre des Rabinovitch n'est pas un simple roman, mais plusieurs romans qui se succèdent, se superposent et s'emboîtent. D'un chapitre à l'autre, chacun des Rabinovitch prend la parole et, dans le style qui lui est propre, nous livre son portrait tout en donnant une version personnelle de la saga familiale, depuis les jours sombres de l'avant-guerre dans un village polonais jusqu'au regroupement à Bruxelles durant la seconde moitié du siècle.
Véritable kaléidoscope, le roman de Philippe Blasband multiplie les points de vue, conférant une force surprenante à ce portrait de famille d'une vérité d'autant plus juste et émouvante qu'elle est humaine, c'est-à-dire un peu floue, paradoxale et souvent troublante.
Avec leur générosité, leur besoin d'aimer et d'être aimés, avec leurs faiblesses et leurs peurs , les Rabinovitch deviennent des gens que nous avons connus, des amis, des proches. Et, au-delà, une évidence s'impose : les Rabinovitch, c'est nous.

Le livre des Rabinovitch est paru en traduction allemande sous le titre Zalmans Album (Fischer Verlag,1999 ; édition de poche en 2002).

Extrait (télécharger l'extrait) :

  "Mon nom est Léa Rabinovitch. Cela fait des années que plus personne n'a prononcé mon prénom. Pourtant, quand j'étais petite, dans la maison de mon père, souvent je l'entendais. "Léa ! Léa ! Léa ! Léa !", m'appelait-on à tout bout de champ, parfois pour rien. J'étais Léa, rien d'autre que Léa, une petite fille menue qui portait des jupes claires, laissait ses cheveux couler le long de son visage, aimait chanter des airs en yiddish.
  Au moment où j'ai cessé d'être fille, au moment où mon mari de moi a fait sa femme, violemment, en même temps, j'ai cessé d'être Léa et je suis devenue "madame", puis "maman". Quand on parlait de moi à Munsk, on m'appelait aussi "la femme de Zalman-le-hassid" ou, plus tard, "la femme de Zalman-le-fou", et on secouait la tête, avec une moue écœurée. A Bruxelles, les dernières années de ma vie, j'ai juste été rien d'autre que "Madame Rabinovitch". C'est d'ailleurs ce qui est écrit sur ma tombe, MADAME RABINOVITCH, sans même de prénom, parce que mes enfants ne connaissaient pas mon prénom, ils ne l'avaient jamais appris, ce qui m'attriste, sans que je parvienne à me révolter. Ma révolte s'est tue. Zalman Rabinovitch l'a détruite. Il l'a prise, comme il a pris mon corps. Violemment."