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Francis Dannemark, Zone de perturbations, roman érotique, écrit en collaboration avec Etienne Reunis, Zulma, 1994.

À la mort de son oncle, Herman hérite d'une villa perdue au cœur de la campagne flamande. Il s'y installe comme dans un hôtel dont il serait à la fois le propriétaire et l'unique pensionnaire.
Au fil des pages d'un étonnant carnet retrouvé dans la bibliothèque, il découvre que les derniers mois de la vie de son oncle n'ont pas été ceux qu'il aurait pu imaginer. Cette vie à son automne, deux femmes l'ont traversée, y apportant l'une l'innocence, l'autre le tumulte de la passion érotique.
Á sa façon, Herman va vouloir vérifier l'authenticité du carnet. Et de sa vie paisible, il ne restera bientôt plus rien, les amours d'Herman rivalisant d'audace avec celles de son oncle dans un étrange imbroglio érotique.

Extrait (télécharger l'extrait) :

  "Le carnet, je l'avais assez relu. Ce que je voulais maintenant, c'était voir la chair secrète de cette femme. Il fallait que je la rencontre, peu importaient les moyens.
  J'ai composé le premier numéro en regard de son nom. Un répondeur, un message articulé d'une voix neutre, une voix de bureau. J'ai hésité et j'ai raccroché. J'ai appelé le second numéro, pour trouver le même message, précédé d'un nom de société. J'ai improvisé - "Bonjour madame, j'ai essayé de vous atteindre à plusieurs reprises, sans succès ..." - et j'ai laissé le numéro indiqué sur le poste démodé de Victor.
  Elle m'a rappelé quelques minutes plus tard, alors que je tournais en rond entre les meubles du living. Sa voix était beaucoup moins professionnelle que sur le répondeur, elle semblait hésiter au bout du fil. Je lui ai dit, en essayant de me concentrer, de la persuader déjà de ma voix, que j'habitais la maison de Victor, que je n'avais pas connu mon oncle, mais qu'il m'avait laissé une lettre dans laquelle il me parlait d'elle ...
  Elle a accepté, sans difficulté, de me rencontrer le soir même.

  J'ai passé la journée à préparer ce rendez-vous. (...) Après tout ce qui s'était passé dans cette pièce, je ne pouvais pas proposer n'importe quelle atmosphère à mon invitée. (...) J'ai fait vite, comme pressé par la précipitation de ce rendez-vous. J'étais électrisé, presque fiévreux ; curieusement, pour la première fois, je ressentais une sensation d'étrangeté dans cette maison à laquelle je m'étais si vite accoutumé. (...)

  J'ai fini par guetter son arrivée d'une fenêtre au premier. La nuit était tombée depuis près de deux heures et les carrés de pelouse devant la maison n'étaient que faiblement éclairés par une lampe extérieure. De loin en loin, le rayon en cône d'une voiture venait glisser sur la scène. J'avais laissé la grille grande ouverte. Puis une voiture a ralenti et a braqué ses phares dans l'entrée. Je me suis rejeté en arrière et j'ai dégringolé les escaliers comme un voleur.

  Je lui ai ouvert la porte. Avec le carnet, j'avais fini par fabriquer une sorte de poupée, une danseuse un peu louche, mais la Liliane qui se tenait devant moi était plus grande, plus jeune, plus terriblement belle et précise. Elle avait le teint clair, mais mat, et aurait pu être espagnole, ou du nord de l'Italie. Elle portait avec une élégance à laquelle je n'étais pas préparé une robe en agora grise et rouge foncé, avec de fines bottes de cuir sombre."