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Daniel Fano, La nostalgie du classique, poèmes, Le Castor Astral, coll. « Escales du Nord », 2004.

Hitler et Eva Braun traversent en tous sens un monde où le fils du docteur Folamour pourrait bien découper en fines tranches la fille du major Kafka sans l'intervention impromptue d'un furet furieux de ne pas être pris en photo toutes les dix secondes.
Ce monde, peuplé d'espions, de gangsters, de stars, de terroristes, de mutants et d'imposteurs en tous genres, est évidemment le nôtre et Daniel Fano continue de dresser le catalogue de ses crimes et de ses vanités. Ses poèmes, autant d'histoires et de situations singulières, ont la brièveté des faits divers, et donc leur violence. Entre l'ironie et l'humour, La nostalgie du classique frappe de dérision à la fois le regret des choses passées et le culte des mythologies modernes.

Extraits (télécharger les extraits) :

Double vie

Autour de notre maison,
il n'y avait rien
que la neige.
Des fois, il y en avait tellement,
on était obligé de tuer
le cheval.
Mais nous savions que,
moins de huit jours après,
il serait de retour parmi nous.
Picasso jouait vraiment
sur tous les tableaux
et nous, on ne pouvait pas l'en
empêcher.


Après le karaoké

La mort n'est plus
un rêve arrêté par quelques taches
de peinture, elle se tient
au bout d'une corde
flasque, allongée sur le carrelage
de la cuisine entre Betty Boop
et Donald Duck.
Ce jeune homme allergique au soleil
est allé se pendre comme
on va chercher un verre d'eau, il voulait
partir avec un cirque, il aurait fait
un gracieux funambule
et la compagnie des anges ne lui aurait
jamais manqué.


Absence de style

Plus besoin de citer Shakespeare
et même la science-fiction
semble sortie des pages glacées d'un
magazine de mode, il suffit
de bricoler trois couplets et un refrain
qui ne dit rien
mais que tout le monde
chante, on humanise la nymphomane
en lui dégueulant
dessus, jeune homme au cœur
fragile, souvent le soleil
s'éclipse
en nos contrées.