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Francis Dannemark, L'hiver ailleurs, roman, suivi de Sans nouvelles du paradis, textes courts, Robert Laffont, 1988.

Un hôtel en Extrême-Orient, loin de l'hiver. Un homme s'est installé là. Expert en œuvres d'art ? Enquêteur ? Voyageur distrait ?
Il travaille. Sans conviction, presque indifférent à l'idée que la mission qu'il a acceptée risque d'échouer. Qu'importerait en effet cet échec, comparé aux catastrophes du passé ?
Il écrit des lettres. Il parle ainsi à la femme qu'il aime et qu'il a perdue, évoquant sans espoir de réponse la douleur de ses souvenirs, le charme de Kim, et la douceur un peu mélancolique de son séjour.
Mais peut-on vraiment passer l'hivers ailleurs, à dialoguer dans une chambre d'hôtel avec un perroquet bienveillant, à perdre aux jeux d'un Chinois sans malice ou à flâner avec un couple d'Anglais, lorsque son meilleur ami s'est suicidé ...

Extrait (télécharger l'extrait) :

  "En fin de compte, j'aurais dû ...
  Non, il est trop tard. Ce que j'aurais dû faire, je ne l'ai pas fait. Sans doute parce que j'ignorais ce qu'il fallait faire. Paul s'est suicidé. Paul est mort. Mort. C'était mon plus vieil ami, mon ami le plus cher.

  Je me suis demandé, tout en connaissant la réponse, pourquoi je voulais t'écrire, à toi et à personne d'autre.

  Cette mission ? J'avais demandé qu'on me la confie en espérant que ma présence serait utile. Je suis arrivé trop tard, bien sûr.
  La nuit passée, je me suis réveillé vers minuit et je me suis rendormi par terre jusqu'à cinq heures du matin. Plus que la dureté du sol, c'est la relative fraîcheur, je suppose, qui m'a réveillé. J'ai essayé de chanter Blue moon en me brossant les dents. J'ai laissé tomber des cendres de cigarette dans mon café.

  Tu ne répondras pas. C'est à la fois terriblement triste et vaguement encourageant. Je pourrai tout te dire sans espérer ou redouter la moindre approbation, la moindre critique.
  Paul est mort. On dit : il s'est suicidé. C'est vrai, mais ce que je sais, c'est qu'il n'est plus là, que jamais plus il ne sera là.
  Que ce soit vrai ou faux m'importe peu : j'ai envie de dire que seules les choses sans importance ne meurent pas.

  Je me souviens très bien d'un rêve, mais je ne te le raconterai pas. D'ailleurs, c'est le tien. Le voici : "..." Intact.
  Un autre, qui n'appartient à personne. L'histoire d'un chapeau de lune en papier-chagrin, du feu rouge d'une cigarette dans le brouillard d'un hiver trop long."