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Alain Bertrand, Monsieur Blanche, roman, Le Castor Astral, coll. « Escales du Nord », 2004.

Monsieur Blanche n'a jamais eu de prénom. Ses camarades se demandent même s'il a une virgule dans le pantalon. Coincé par une mère abusive qui collectionne les boîtes à l'effigie des rois de Belgique, ce doux rêveur mène une existence étriquée jusqu'à ce que les habitants de la petite place de Sienne décident de l'aider à tomber amoureux. Cette chronique à mi-chemin entre le monde de Chagall et celui d'Amélie Poulain, pourrait se résumer ainsi : " L'amour, c'est surtout le rêve de l'amour. "

Extrait (télécharger l'extrait) :

  "Déçue par les hommes, trahie par les femmes - sauf Lila qui demandait des nouvelles du petit et lui enroulait des friandises dans un pochon -, Germaine conversait volontiers avec les portraits encadrés dans chaque pièce ou, plus intimement, avec les médaillons imprimés sur les boîtes vides de café, de nougats ou de sirop de Liège.
  Le matin, elle lançait un bonjour sonore à la cantonade, s'inquiétant de la journée à venir auprès de ses hôtes. C'était souvent Albert Ier, en vainqueur de 14-18, qui lui prédisait s'il ferait un temps à lâcher l'aviation ou à rester calfeutré au fond de sa tranchée. Vers onze heures, alors qu'elle se tourmentait pour l'intendance, Léopold II lui rappelait combien la conquête du Bas-Congo était capitale pour l'avenir de ses finances nationales. Elisabeth lui rendait visite pendant le goûter, en compagnie d'un quatuor à cordes, et elles devisaient en toute simplicité d'un coin de Bavière ou d'un concerto d'Eugène Ysaye. C'était surtout la reine qui parlait, car Germaine ne connaissait rien à la musique de chambre, ni à l'Allemagne qu'elle détestait par principe."