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Stefan Hertmans, Entre villes, récits traduits par Monique Nagielkopf, Le Castor Astral, coll. « Escales du Nord », 2003.

Entre villes, ouvrage ambitieux, nous parle de la vie en Europe aujourd'hui et nous mène au coeur de l'existence humaine en milieu urbain. De la périphérie où Stefan Hertmans s'installe pour porter un regard sur les gens et les villes, il découvre une "archéologie de rues et de visages". Qu'il s'intéresse à des villes "marginales" comme Trieste, Marseille, Dresde et Bratislava, ou à des cités de premier plan telles que Vienne, Sydney ou Amsterdam, qu'il songe à Sarajevo quand il est à Salzburg, à Bruxelles quand il se trouve aux Pays-Bas, Stefan Hertmans ne cesse d'évoquer le sentiment d'être à l'étranger et de perdre une partie de soi pour mieux la retrouver. Mêlant récits de voyage et considérations philosophiques, il confirme que tout périple est un voyage autour de sa chambre.

Prix "La Ville à lire" 2003, décerné par France Culture et la revue Urbanisme.

Extrait (télécharger l'extrait) :

TRIESTE : SEUL AU CENTRE

"James Joyce y fréquentait les prostituées pendant que sa compagne était sur le point d'accoucher, mais Ulysse serait impensable sans les difficiles années qu'il passa ici ; un peu plus loin, Rainer Maria Rilke attendait un signe des anges qui lui dicteraient le début de ses Élégies de Duino ; Umberto Saba avait une bouquinerie sur la Via San Niccolo qui est aujourd'hui encore un paradis pour le bibliophile ; le grand archéologue Winckelmann y a été assassiné dans des circonstances mystérieuses, selon certains par un prostitué mâle qui voulait lui dérober quelques précieuses pièces de monnaie anciennes ; le trop tôt disparu Scipio Slataper y a écrit un livre romantique et inoubliable dans lequel il évoque sa jeunesse dans le massif du Karst : " Je me suis senti renaître au point du jour. Je ne sais pas comment. Le ciel était limpide et j'ai vu sous moi la belle ville blanche et la terre labourée " ; et Italo Svevo, décrivant un voyage en train à l'ancienne à partir de Milan, allait juste écrire le nom de la ville d'arrivée, sa ville, quand sa plume s'arrêta pour toujours : Trieste."