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Xavier Deutsch, Le tilleul de Stalingrad, nouvelles, Le Castor Astral, coll. « Escales du Nord », 2001. Réédité en mai 2006, avec La Belle Etoile, dans la collection de poche « Millésimes » aux éditions Le Castor Astral.

Xavier Deutsch regarde l'Aquitaine et les baleines bleues, les émerveillements, les princesses mandchoues, les tilleuls de la bataille de Stalingrad, Bob Morane, les livres d'images et ceux de Victor Hugo, les alcools qu'on boit dans les ports du nord de l'Europe pour se moquer du brouillard. Il met tout cela dans ses nouvelles.

Extrait (télécharger l'extrait) :

  " "Où que ce soit que l'on meure, avait dit le grand-père, il est nécessaire de reposer dans sa terre." Le petit avait pris cette parole au sérieux. La veille de partir, il s'était éloigné sur le chemin de Pëtzbech, allant derrière le bord de la colline, où le sentier croise le ruisseau et le champs des chevaux. Il avait marché un temps avec son idée contre le cœur jusqu'à l'endroit où il maraudait, quand il avait l'âge, les nids de merle avec sa petite sœur. Il s'était avancé devant le bord du bois qui montait contre la pente où la terre donne les chants sous le vent, des chants épais qui savent leur métier. Il y avait là une futaie, de chênes surtout, mais aussi des charmes, des hêtres, quelques tilleuls bien élevés pareils à ceux qui s'alignent auprès de la Loch-kapelle d'Esch-sur-Sûre. Le jeune homme s'arrêta contre le bord du taillis et respira profondément comme un soufflet de forge pour se remplir de la terre et du bois, de l'eau, du vent, de tout ce que le bon Dieu avait éparpillé sur cette colline-là. Puis il sortit de sa poche un sac de cuir pas plus gros qu'une moitié de besace, se pencha vers le sol et creusa de sa main une poignée d'humus, de la bonne terre humide et odorante, il se remplit bien la paume, puis une deuxième, et encore une autre bonne poignée bien mesurée, qu'il mettait au fur et à mesure dans le fond de sa poche de cuir. Puis ce fut fini et le soir tomba. Avec trois poignées de la terre de sa futaie, le garçon alla vers sa maison, puis le lendemain à la guerre."