image en-tête
titre navigation
bord gauche
image acces rapide

     
     
titre recherche

       
bord bas
chemin Cliquez ici pour imprimer


Xavier Deutsch, La Belle Etoile, roman, Le Castor Astral, coll. « Escales du Nord », 2002. Prix Rossel. Réédité en mai 2006, avec Le tilleul de Stalingrad, dans la collection de poche « Millésimes » aux éditions Le Castor Astral.

Dans un climat de fin du monde, le cargo La Belle Étoile est le dernier à quitter le port de Lushun, sur la mer de Chine. À son bord, quelques officiers, des hommes d'équipage et leur étrange cargaison : un vieux paysan et son troupeau de quarante juments. Les hommes de La Belle Étoile ignorent tout des terribles dangers qu'ils vont affronter, ils ignorent tout de leur incroyable mission ...


Extrait (télécharger l'extrait) :

  "On aurait dit, à le regarder si crayeux, que le ciel avait des meurtres sur la conscience. Il se levait comme une ivrognesse le matin, traînait dans le sens de la pente, et se laissait tomber contre la mer où des vagues noires lui faisaient reboire sa lie. Une écume en restait.
  Cinq ou six pêcheurs continuaient d'engager leurs sampans sur les remous du Bo Hai et sacraient en insultant le ciel, qui pour se reprendre, soulevait des lames immenses, puis vacillait encore, et perdait pied dans les éclaboussements.
  Ciel malade, mer dingue. Les grands bateaux quittaient un à un la baie de Corée, cette banlieue des emmerdements, à commencer par le croiseur américain dont les amiraux estimaient qu'ils n'avaient rien à gagner dans une guerre contre des chiens.
  Le navire italien n'avait compté faire à Lushun qu'une courte escale, et mettait le cap su la mer Jaune avec la même précipitation qu'un employé du bureau des recouvrements à qui, dans une scène de rue, des policiers restituent les papiers après vérification en lâchant : " C'est bon, circulez ! "
  Ne restaient en rade que le méthanier polonais et La Belle Etoile."