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Cécile Wajsbrot, Le visiteur, nouvelles, Le Castor Astral, coll. « Escales du Nord », 1999.

Un homme attend des secours. Il vient d'appeler, on doit arriver, mais il ne sait rien d'autre : qui, pour quoi faire ? C'est une période de changement de régime, les anciens repères sont perdus, les nouveaux pas encore trouvés, il attend. Il se remémore sa vie, il est seul, a quitté sa famille. Mais un jour, quelqu'un vient lui rendre visite. Un homme qui a habité, autrefois, l'appartement dans lequel il vit. Veut-il le récupérer, comme cela se fait maintenant ? Non, il dit qu'il veut seulement s'installer quelques jours, le temps de ressaisir quelques souvenirs d'enfance, car il écrit ses mémoires. Entre eux se tissent des liens mystérieux, le visiteur a un comportement étrange. Parmi les histoires qui se racontent, où se cache la vérité ?

Extrait (télécharger l'extrait) :

  "Je viens de raccrocher le téléphone, ils ont dit qu'ils arrivaient, qu'il fallait tenir bon, j'ai passé ma vie à tenir en attendant le moment où il ne faudrait plus tenir, où je pourrais enfin me montrer comme je suis, ne plus faire attention, ils ont dit qu'ils arrivaient, qu'ils en avaient pour moins d'une heure, peut-être une demi-heure. J'habite au cinquième sans ascenseur, le dernier étage d'un immeuble ancien, ils sont rares, dans notre ville, les immeubles anciens - je n'ai encore jamais appelé au secours.
  Je n'ai plus de sonnette depuis longtemps, je n'ai pas de montre, pas d'horloge, de pendule, peut-être que c'est moi qui ai arraché la sonnette ou bien quelqu'un qui venait me voir car, à l'époque, il y avait des gens qui venaient, de temps en temps, maintenant il n'y a plus personne, c'est pour cela que j'ai dû arracher la sonnette, elle ne servait plus à rien , à moins que ce ne soit l'inverse, que les gens ne viennent plus me voir parce qu'il n'y a pas de sonnette, mais je ne crois pas, même dans les rues, il y a moins de monde, je sors moins qu'avant mais je vois bien ce qui se passe, il y a plus de voitures mais moins de gens sur les trottoirs."