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Didier Lesaffre, La vie encore, nouvelles, Le Castor Astral, coll. « Escales du Nord », 2001.

Les nouvelles de Didier Lesaffre sont autant de romans frôlés. Elles suffisent à révéler un univers complexe et violent, où le deuil de la passion ressemble étrangement à une passion du deuil. Toujours tendues, jamais sans tendresse, ces nouvelles ont pour origine des expériences à couteau tiré, des rencontres fulgurantes. En haute montagne comme dans le no man's land gris sur fond noir du nord de la France, la mort rôde. Les personnages la défient autant qu'ils la craignent, manière froide et folle à la fois de mesurer leur envie de vivre au-delà de cette invincible nostalgie qui leur colle à la peau.

Extrait (télécharger l'extrait) :

  "Je descendais machinalement la rue de Berghezeele dans le Vieux-Quartier. Ma vie d'acrobate amoureux m'occupait l'esprit. Cette année-là, je pratiquais une forme complexe de polygamie. Camille, Mélanie, Fabienne, Marie, Nadine et les autres s'organisaient en plusieurs cercles qui auraient fait la joie d'un anthropologue structuraliste. Dans le premier, se trouvaient les femmes avec lesquelles je partageais une forme plus ou moins soutenue de vie quotidienne alternée. Un appartement dans le centre ville, une forme de vie presque bourgeoise avec Camille. Un squat dans le Vieux-Quartier avec Mélanie, une vie de bâton de chaise. Le deuxième cercle était occupé par des amies de cœur et de corps, avec lesquelles divers projets étaient possibles : partager des lectures, une sieste, de courts voyages… Mais elles avaient leurs propres engagements. Un troisième cercle pour des relations plus sporadiques, immédiates, sans lendemain. La vraie difficulté était de passer d'un niveau de relation à l'autre, de toujours savoir avec qui on se trouvait, et pour quoi faire.
  Je ne dis pas que toutes trouvaient ce mode de vie agréable et facile. Il y avait souvent des mouvements passionnels, et, sans doute, qui aimait vraiment souffrait."