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Pascal Allard, Les Amériques, roman, Le Castor Astral, coll. « Escales du Nord », 2003.

Qui aurait pu deviner que le quartier des Amériques, banlieue difficile et, somme toute, assez banale, allait connaître un destin aussi spectaculaire ?
Alors que la vie s'y écoule, juste un peu plus grise et monotone qu'ailleurs, une succession extraordinaire de rencontres va entraîner cinq personnages dans une épopée burlesque. On y trouvera un marchand de coca bio, des détonateurs, l'ancien maire Michel, la Bible en version porte-à-porte, des voitures incendiées, des pizzas, une armée de ragondins ... Un mélange si détonant qu'une nuit de Nouvel An, l'explosion sera inévitable. A la faveur d'une fête aquatique d'un genre inédit, les Amériques vont inventer un nouveau monde, truculent et paradoxal.
Les Amériques n'ont rien à voir avec Richard Brautigan, Louis de Bernières, Rabelais ou Thomas McGuane. Il n'est pas impossible, cependant, qu'on songe parfois à l'un ou l'autre.

Extrait (télécharger l'extrait) :

  "Le mois d'août se traînait lamentablement. Tellement languissant qu'on n'était pas sûr qu'il puisse atteindre son trente et un. Quelques accidents à peine spectaculaires sur des nationales de campagne. Quelques autres même pas stupides sur des voies rapides. Des bilans misérables qui ne dépassaient jamais les quatre morts. Un seul crash d'avion, mais sans un Européen à bord, avec seulement un Américain mais d'origine vénézuélienne, et qui avait eu lieu dans une lagune puante de Bornéo. Un tigre échappé d'un cirque italien, batifolant dans les peupleraies de Chautagne, aperçu par un groupe de scouts suisses en uniforme colonial. Finalement retrouvé endormi un beau jour en plein milieu d'un aréopage d'autruches débonnaires, du moins celles qu'il n'avait pas encore eu l'appétit de croquer.
  Pire, le soleil était moyen. Pas de canicule, pas plus de pluies diluviennes ni d'orages qu'un été classique. Pas de meurtres crapuleux ; pas de terroristes en cavale ; pas de films scandaleux ; pas de pots-de-vin délirants, enfin pas de nouveaux ; pas de controverses philosophiques ni d'anniversaires marquants ; pas même d'arbitrages budgétaires difficiles et donc de crêpages de chignon estival entre ministres. Au foot, on transférait dans l'insouciance. Au Tour de France, on avait pédalé sans s'échapper. Rien. Un été normal. Un été horriblement banal. Un été qui risquait bien de très mal finir."