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Régine Vandamme, Ma voix basse, récit, Le Castor Astral, coll. « Escales du Nord », 2004.

En répondant aux questions les plus anodines de la vie de tous les jours, Régine Vandamme a écrit un texte ciselé comme un poème, libre comme un journal intime, passionnant comme un roman.

Ma voix basse est un jeu de société aux règles simples, conçu par une solitaire à l'intention d'autres solitaires ayant en commun le goût de la vie et de la lecture. Il se joue sans dés et sans tricher. Il n'y a pas de perdants. Il consiste en une lecture, aléatoire ou linéaire, des réponses apportées par l'auteur, au rythme que s'impose le lecteur. Sa forme étant un livre, il peut se pratiquer en tous lieux, dans toutes les positions et à toute heure. Seule motivation nécessaire : le plaisir.

Transcription systématique de la pensée d'une femme de 40 ans, Ma voix basse est un regard ironique, ludique, furieux et bienveillant sur nos vies qui débordent de tous les côtés. C'est le livre d'une voix intérieure, une voix basse qui n'en finit pas de souffler. Et tout le monde sait que souffler n'est pas jouer, mais vivre.

Extrait (télécharger l'extrait) :

Qu'est-ce que t'attends ?   J'attends de moi d'avoir le courage de mes contradictions. J'attends la pluie qui ne vient pas ; je me demande si elle ne s'est pas perdue. J'attends que fleurissent les cimetières dans la bise de novembre. J'attends de savoir quoi faire de tes dix doigts. J'attends qu'on aille vers l'été, enfin. J'attends le livreur de pizzas. J'attends ta venue. J'attends Christine. J'attends de trouver le temps, j'en perds tellement que ce serait bien le diable que je ne parvienne pas à mettre la main dessus. J'attends de savoir où j'en suis. J'attends de rire. J'attends l'heure du thé. J'attends de vraies rencontres. J'attends d'aller loin. J'attends ta lettre. J'attends de voir. J'attends que le soleil se lève dans tes yeux. J'attends la marée basse. J'attends en vain. J'attends bien. J'attends que le train démarre. J'attends que le feu passe au vert. J'attends que la porte s'ouvre. J'attends le passage des oies bernaches. J'attends l'époque des jonquilles des bois. Je t'attends. J'attends sans m'énerver. J'attends en fermant les yeux. J'attends, tout simplement, et c'est une façon d'attendre qui vaut bien n'importe quelle autre façon d'attendre si l'on considère, selon toute attente, que toutes les attentes se valent, comme le dit Richard Brautigan dans ses Mémoires sauvés du vent.