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Marc Villard, Ballon mort, roman, 2008, Le Castor Astral, coll. " Escales des lettres ", mai 2008. Couverture : Chris De Becker. Préface de Benoît Heimermann.
Format : 12 x 19 ; 176 pages. Prix : 13 €. ISBN : 978-2-85920-744-1


Stéphane Miller travaille comme enquêteur pour une compagnie d'assurances. Un jour, on l'envoie flairer sur la disparition de François Bertolini, célèbre footballeur sur le déclin (34 ans) qui fait encore les beaux jours du club local. Bertolini laisse derrière lui une femme, un enfant autiste… et surtout une impressionnante prime d'assurances. Or, Miller l'a autrefois bien connu. Il part donc pour sa ville natale et sa banlieue, en compagnie de son fils Freddy, un dingue de télé et de ciné. Et ce qu'ils vont découvrir n'est pas joli-joli… Mais ce qui fait la force singulière de ce récit, c'est le ton. Selon Jean-Pierre Énard, " Villard se montre champion dans le genre balade de cafés tristes en cinoches minables. Les rapports de Miller et de son gamin sonnent toujours juste, et on se laisse prendre à l'atmosphère un peu poisseuse de ce polar. " À l'évidence, Marc Villard s'est investi à titre personnel dans ce roman, ce qui confère un caractère autobiographique masqué à cette intrigue. Ce livre est aussi à lire comme la nostalgie des années d'enfance où l'on se rêve étoile des verts terrains balisés de lignes blanches, avec le spleen des impers à la Bogart.

Le roman Ballon mort est paru directement en édition de poche en 1984 (" Série Noire " / Gallimard). Introuvable depuis plusieurs années, il n'était jamais paru en édition courante. Il a été adapté (production franco-hongroise) pour la télévision en 1987.

Extrait (télécharger l'extrait) :

1981, un été précoce et étouffant, l'été où ils ont collé Zarah Leander dans son cercueil confortable. Les larges vitres de l'immeuble administratif des Mutuelles Réunies m'autorisaient une vue imprenable sur le parking dont le bitume commençait à se fendiller. Et, en plein centre de l'aire de stationnement, ce dingue de Mariano poussait la chansonnette, s'affolant en trilles fébriles, battant le rappel de ses deux octaves dans l'espoir qu'une main anonyme finirait par lui lancer à la tête la menue monnaie dont il faisait son ordinaire.

   Lanctot s'était dévoué hier après-midi, mon tour était donc arrivé. Je pêchai dans mes poches une poignée de piécettes jaunes, fis basculer la fenêtre sur ses gonds et abandonnai ma fortune sur le pare-brise avant de la Volvo du Chef des Enquêtes. Il ne faut jamais perdre une occasion de se faire un ennemi.