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Karel Logist, Tout emporter (Poèmes 1988-2008), poésie, Le Castor Astral, coll. " Escales des lettres ", juin 2008. Couverture : photographie d'Enora Baubion. Préface de Liliane Wouters.
Format : 14 x 21,5 ; 176 pages. Prix : 14 €. ISBN : 978 2 85920 761 8


Tout emporter rassemble les poèmes les plus significatifs de Karel Logist, qui s'est imposé en une dizaine de livres, publiés depuis 1988, comme l'un des poètes marquants de sa génération. C'est " Miles Davis, mais au petit matin, sur les bords de la Meuse, à la hauteur de l'île Monsin... ", comme l'écrivait Jacques De Decker dans Le Soir.

" Karel Logist voit loin, Karel Logist voit tout de travers. C'est qu'il voit le monde de là où il se trouve : de l'autre côté du fleuve. Selon les heures du jour, selon les saisons de l'année, le regard doit traverser tantôt la brume qui traîne autour de l'eau, tantôt les pluies de novembre, ou alors les mirages de l'été.
Ainsi il arrive que le malheur, à cette distance, vous ait des airs de complicité, pour un rien il vous tendrait la main. Et il n'est pas rare que le bonheur, avec son vieux manteau et ses pas de danse maladroits, vous lance une grimace en guise de salut. Géographe de la dérision, Karel Logist ne se moque de rien ; mais il sait qu'il faut cligner de l'œil pour y voir clair. Après, il reste des poèmes, pour dire que rien ne dure - sauf le cœur. "
Francis Dannemark

Extrait (télécharger l'extrait) :

À présent, mes amis, que je vis dans les arbres
plus de bruit, plus de pleurs
Aux feuilles et aux branches
je m'exhibe sincère à vous rendre jaloux
vous qui me reprochiez ma trop grande pudeur
il m'arrive souvent de resonger à nous
lorsque enfants nous lisions d'Italo Calvino
Il barone rampante, et rêvions de bâtir,
caché par la forêt de la bêtise humaine,
un bungalow où tout serait presque parfait
où vivre irait de soi sans lutte ni fatigue
deux chambres pour l'amour une pour l'amitié Quand enfin viendrez-vous dans mon vert paradis ?
Chaque jour je vous lance une échelle de corde
que je ramène au soir couverte d'escargots.

Force d'inertie

*

Non pas en vie mais dans la vie
Attentif surtout à me perdre
aux cinq horizons du présent,
plaisirs habillés par mes sens
J'écris pour tenir entrouverte
la porte du poème entrevu
Je vis un peu moins bien. Je pleure
le nez au vent, je tourne bride
Que vaut ce néant qui frémit ?
Vide à demi, moitié vivant,
un peu plus homme que poète.
Si près du bord je fais la bête
Qui reste-t-il si je perds pied ?

Une quarantaine

*

En voyage mineur
je ne vais jamais loin
je n'emporte qu'un livre
je ne change pas d'heure
ni même de chemise
et je passe la nuit
à rêver que je bouge
et je passe mon tour
s'il est question de plaire

Je randonne de proche en proche
Pour valises j'ai mes poches
où sont mes clés
et ce bonheur qui me questionne :
" Si c'était là ta voie, ton voyage, ta vie
ce roman entrouvert sur les genoux de qui ? "

Si tu me disais viens

*

Changez de pardessus, changez de domicile, changez d'amis, changez de route, changez de papiers, de visage, mais ne changez pas d'idéal.
Caressez vos désirs comme une peau parfaite qui ne vieillira pas.
J'ai connu une fille dans un bouge à Berlin, qui rêvait d'être une actrice célèbre, de se prénommer Marlène et de choisir ses amants sur Sunset Boulevard. Quand elle eut tout cela et même davantage, elle cessa de rêver et prit des somnifères.
Ne dormez pas toujours sur le même côté, et s'ils vous semblent à l'étroit, ne changez pas de rêves, sortez-les plus souvent.

Force d'inertie