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Note

La joie (que l’on doit cacher)

Je viens d’avoir quelques échanges très intéressants avec des amis à propos de la façon qu’ont souvent les critiques de parler des livres et des films qui font du bien aux gens. Quand ils les aiment (et on sent parfois qu’ils les aiment sincèrement), ils éprouvent pourtant le besoin de s’excuser. De rappeler que ce n’est qu’une comédie mais que c’est quand même très bien… Que ce n’est peut-être pas de la grande littérature ou du grand cinéma mais que néanmoins le lecteur ou le spectateur en sortira heureux. Cela m’a rappelé les prises de position parfaitement justifiées de gens comme Patrice Leconte ou Francis Veber (pour citer deux cinéastes contemporains que j’admire). Cela m’a ramené aussi à un texte remarquable qu’a écrit Chesterton à propos de Dickens. En voici un court extrait qui mérite, je crois, que l’on s’y attarde un instant.

« (..) une génération de critiques a complètement oublié jusqu’à l’existence d’une grande littérature de joie. Nous sommes tombés dans le mode de pensée selon lequel la littérature est le refuge des faibles, qu’elle peut exprimer les humeurs les plus sombres et les plus étranges, toutes les humeurs traduisant regret, rébellion ou hésitation, mais jamais cette seule humeur universelle, coulant comme un fleuve à travers ciel et terre, grâce à laquelle, seulement, toutes choses consentent à vivre. »

G.K. Chesterton, Daily News, 8 février 1902.

 

« … a critical generation had forgotten altogether that there even was such a thing as the great literature of joy. We have fallen into the way of thinking that literature is a refuge for weak temperaments, that literature may express all the darker and quainter moods, all the moods of regret or rebellion or hesitation, but never that one universal mood, streaming like a river through heaven and earth, by which alone all things consent to live. »

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