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Note

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin?

Dans l’avalanche des nouveautés dans le monde des livres, des gens bien intentionnés ont créé il y a quelques années des prix décernés aux premiers romans. C’était là une fort bonne idée. Une excellente manière d’attirer l’attention sur les jeunes écrivains. Les médias n’ont pas raté l’occasion : en une page, on peut parler de ces dizaines de nouveaux talents. Puis parler de ceux qui ont reçu un de ces prix. Que deviendrait-on, me direz-vous, sans événements à célébrer, fût-ce de façon rapide et éphémère…? Bref, en peu de temps, le premier roman est devenu pour ainsi dire un genre en soi, entre le polar et la chick-lit.

L’effet pervers de cette initiative a priori louable, c’est que les éditeurs se sont tous mis à publier abondamment des « premiers romanciers », comptant que, bons ou mauvais, ils seraient mentionnés ici et sélectionnés là – répertoriés donc vivants. Au détriment de qui ? C’est simple : s’il faut choisir entre publier le deuxième roman, si bon soit-il,  d’un auteur qui n’a pas percé et publier un premier roman, on devine de quel côté la balance a tendance à pencher en ces temps où la pression financière s’exerce avec tant de force.

C’est pour  essayer d’atténuer les effets de cette évolution dangereuse que certains ont récemment créé des prix du deuxième roman. Ce qu’il y a de bien dans cette nouvelle initiative, c’est que, si elle a du succès (et bien sûr on lui en souhaite de tout coeur), on verra apparaître d’ici pas longtemps un prix du troisième roman, qui annoncera la création du prix du quatrième roman, du onzième roman, etc. Si bien qu’un de ces jours, le seul moyen qui restera aux écrivains pour se distinguer sera d’écrire de bons livres en n’ayant jamais aucun prix. Mais au fond, reconnaissons-le, c’est un système pratiqué depuis qu’existent les livres. C’est dire s’il a du bon.

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