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Note

Histoire d’Alice : genèse, etc.

Cette semaine ont été bouclées les épreuves de mon nouveau roman, Histoire d’Alice, qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un). La couverture aussi est prête. On peut d’ailleurs la voir sur mon site. Et lire des extraits du roman, qui sort le 11 avril.

Ce matin, j’ai retrouvé quelques notes que j’avais rédigées à l’intention des représentants (et que je n’ai pas utilisées, préférant improviser comme d’habitude). Pour ceux qui s’intéressent à la genèse d’un livre ou à l’idée que l’auteur pouvait avoir en tête avant d’écrire, voici donc ces notes :

Tout a commencé par un très bel après-midi ensoleillé du mois de septembre 2012. J’étais allé faire une promenade dans le magnifique cimetière désaffecté qui se trouve à deux pas de chez moi, au Wolvendael. En lisant une inscription sur un monument funéraire (et en commettant à vrai dire un lapsus dont je ne me suis rendu compte qu’après avoir écrit le livre), une idée m’est soudain passée par la tête. Je suis rentré chez moi, me suis plongé dans un bain chaud et, une vingtaine de minutes plus tard, Alice était née. Pendant deux mois, j’ai rêvé sa vie, prenant des notes à longueur de journée (et de nuit). Puis, en novembre, je l’ai écrite.

Il s’agit de mon dix-septième roman, si j’ai bien compté, et jamais je n’ai pris autant plaisir à écrire une histoire.

C’est donc l’histoire d’Alice… et de tous ses maris. Tout commence, évidemment, dans un cimetière. Celui où l’on enterre sa sœur. Alice a alors soixante-treize ans. Le fils de sa soeur, Paul, la rencontre pour la première fois lors de cet enterrement. C’est à lui qu’elle va raconter sa vie, dans l’hôtel bruxellois où elle réside pour une dizaine de jours.

Mon roman précédent, La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis, était en quelque sorte une grande toile en camaïeu. Peu de mouvements, une atmosphère unie et douce. L’Histoire d’Alice, par contre, c’est une toile plus petite, très colorée, très contrastée et, je l’espère, très lumineuse. Une histoire d’amour(s) pleine de rebondissements et dont l’humour n’est jamais absent malgré les épisodes dramatiques. En fait, j’avais profondément envie d’écrire une histoire très romanesque et, plus précisément, une comédie dramatique à l’anglaise. Et à l’ancienne. Avec, autour d’Alice, une galerie de personnages attachants, dans des décors qui ne cessent de changer (j’avais envie d’aller à Winnipeg, à Londres, en Australie, en Italie, en Californie…)  Plus encore, j’avais envie – mais ça, ce n’est pas nouveau ­ – d’écrire une histoire qui fait du bien, qui donne du courage en ces temps où l’on a l’impression que le monde se décompose.

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En corrigeant les épreuves, il m’est arrivé quelque chose d’étonnant. Corriger les épreuves d’un livre, pour celui qui l’a écrit, cela peut être une véritable épreuve : il a envie de tout changer, il n’aime plus ce qu’il a écrit, il a des doutes, des remords… Cela arrive. A tort ou à raison. J’ai connu un écrivain qui refusait de jeter ne fût-ce qu’un oeil sur les épreuves de ses livres ; il les faisait relire par d’autres. Ce qui peut arriver aussi, et j’ai l’impression que c’est le cas le plus fréquent, c’est un peu de lassitude. Quand on relit un texte dans lequel on a passé des mois et que l’on connaît quasi par coeur, les dernières épreuves peuvent être soporifiques; on ne voit plus rien, sinon des mots, des phrases, des mots, des phrases…

Bref, j’ai relu l’Histoire d’Alice sur épreuves à plusieurs reprises en quelques semaines. Lors de la dernière relecture, j’ai dû m’interrompre pour faire quelques courses et, plus tard, pour préparer le repas. Je me suis rendu compte avec surprise que cela m’énervait de devoir ainsi m’arrêter en cours de route. Je me suis donc moqué de moi-même en me disant que c’était ridicule puisque, tout de même, je connaissais cette histoire comme ma poche. Ce n’était pas le désir de connaître la fin qui pouvait justifier cette frustration. Et, de toute évidence, ce n’était pas non plus quelque chose qui aurait eu à voir avec la vanité d’admirer ma prose éblouissante… Je suis donc resté avec cette énigme en tête. C’est lors d’un réveil la nuit suivante que la réponse m’a été donnée : si j’avais été ennuyé de devoir arrêter de lire mon propre roman, c’était pour une simple raison « musicale ». Lorsqu’on entend une musique ou une chanson que l’on connaît très bien, il arrive qu’on ne puisse pas s’empêcher de l’écouter jusqu’au bout, même si on n’a pas le temps, même si les circonstances ne s’y prêtent pas.  On est pris par la mélodie, par les paroles ; elles nous bercent.

Tout cela m’a rappelé que mon rêve a toujours été d’être musicien. Mais comme je ne joue d’aucun instrument et que, par ailleurs, j’adore les histoires, j’en écris. En musique. A ma façon.

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Un de ces jours, je raconterai peut-être pourquoi mon personnage s’appelle Alice. Souvenirs, souvenirs…

10 Commentaires ↓

10 réponses à “Histoire d’Alice : genèse, etc.”

  1. gilda 23 février 2013 à 14 h 29 min #

    Émue.
    (tout en étant un peu perplexe quant à la nécessité d’aller faire les courses quand quelque chose de bien survient, surtout de travail ;-) )

  2. Muriel 2 mars 2013 à 10 h 21 min #

    Curieuse. De decouvrir ces ‘Voyages avec ma tante’ d’une veine nouvelle et de voir comment ils évoluent par rapport à tontexte précédent. Bien sans aucun doute.

  3. Pascale 25 mars 2013 à 16 h 58 min #

    Je reçois depuis longtemps votre newsletter. Depuis mes études en lettres où, si mes souvenirs sont bons, vous étiez un jour venu nous parler des éditions Castor Astral.
    J’ai toujours reçu vos annonces avec plaisir, mais cette fois, l’Histoire d’Alice ayant particulièrement piqué mon intérêt, je suis venue lire votre note.
    En apprendre un petit peu sur le processus de création du roman me donne encore plus envie de le découvrir. Merci donc, pour ce que vous avez partagé ici, et la manière dont vous l’avez fait. Cette « raison musicale » ne m’est pas du tout étrangère (même si les livres que je relis ne sont pas, et ne seront peut-être jamais, de moi).

    • francis dannemark 25 mars 2013 à 18 h 41 min #

      Et moi je suis allé jeter un oeil sur votre blog et ce que vous dites du film « The Perks of Being a Wallflower » renforce mon envie de découvrir ce film.

      Je suis venu parler du Castor Astral à Louvain-la-Neuve il y a pas mal d’années déjà, me semble-t-il. J’en ai parlé aussi aux Facultés Saint-Louis.

      J’espère que l’histoire d’Alice vous plaira!

  4. My Little Discoveries 25 mars 2013 à 21 h 50 min #

    J’ai hâte de décovurir ce nouveau roman…et également de savoir pourquoi le personnage principal s’appelle Alice! ;o)

    • francis dannemark 25 mars 2013 à 23 h 47 min #

      Promis, je raconterai pourquoi le prénom Alice s’est imposé. Il faudra peut-être me rappeler cela si j’oublie ou si je traîne – mais je le ferai.

  5. paikanne 27 mars 2013 à 20 h 04 min #

    Bonsoir, je suis une autre « Pascale », je reçois aussi votre « newsletter » depuis un bon moment et j’ai aussi été poussée par la curiosité. Je sens qu’Alice rejoindra sans tarder ma PAL :-)

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  1. Alice en librairie | Carnet de notes et petites nouvelles - 5 avril 2013

    [...] à rien (et de tous ses maris, plus un) sera en librairie dans une semaine. Ayant déjà raconté ici la genèse de ce roman, je n’ai plus rien à dire. Sinon que j’espère qu’Alice, [...]

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