Warning: Creating default object from empty value in /home/francisd/www/carnet/wp-content/themes/carnet/functions/admin-hooks.php on line 160

Note

A propos d’un prix littéraire

Le prix Rossel a perdu son crédit depuis un certain temps… Et ça ne s’arrange vraiment pas. Jacques De Decker vient d’écrire à ce sujet ce qui devait enfin être dit. Il fallait pour écrire ces lignes autant d’intelligence que de courage.

Pour ce qui me concerne, j’ai envie de faire une confidence. J’ai le même fantasme depuis longtemps : recevoir le prix Rossel pour pouvoir le refuser publiquement. Cela n’arrivera pas et c’est tant mieux. Une quinzaine de romans en trente ans sans prix Rossel, c’est déjà un record, je crois, mais je sens que je peux faire mieux. Par ailleurs, je n’ai jamais compris que l’on puisse vouloir être récompensé ou honoré par des gens ou une institution que l’on n’estime guère ou pas du tout. Ce n’est plus un honneur, c’est déshonorant. Mais chacun son truc, n’est-ce pas?

2 Commentaires ↓

2 réponses à “A propos d’un prix littéraire”

  1. Laurent T 15 novembre 2012 à 21 h 23 min #

    Bonsoir,

    Les prix, les critiques, pfouuuufffff ! Délicat ensemble. Leur seule fonction noble est d’offrir un focus. Et encore. Seule devrait exister la critique enthousiaste! Donner un avis négatif ne rime à rien et il me semble préférable de s’abstenir de tout commentaire sur quelque chose qui ne nous a pas touché. Quand au prix, je trouve que les distinctions remises par ces ensembles littéraires ressemblent au classement du tour de France de ces dernières années.
    En fait c’est comme si on souhaitait ordonner ce qui ne peut l’être. Hiérarchiser l’art? Je fuis les prix et j’ai une méfiance instinctive pour les livres qui sont habillés de la jaquette « prix XXXXX ». On ne nous vend plus l’oeuvre mais sa distinction!! Venez, faites partie du cénacle des lecteurs qui ont lu le seul bouquin valable de l’année?
    Vos petits bouquins n’ont pas la jaquette rutilante qui les souligne dans la mini pile qui trône bien visible au salon.
    D’ailleurs ils ne trônent pas au salon et ils ne sont pas rutilants. Ils sont mélangés avec tous les autres sur les étagères de ma chambres. Tous marqués d’avoir été lus et relus, feuilletés et parfois gribouillés. Absolument pas classés et au chaud dans un joyeux pêle-mêle de bouquins qui s’entassent mais restent vivants.
    Et j’aime croire qu’ils préfèrent cette vie là, de partage et d’affection au long court, plutôt qu’un éclairage violent aussi brulant que fugace.

    • francis dannemark 18 novembre 2012 à 14 h 10 min #

      Vous vous en doutez, je suis d’accord avec vous. Mais les prix littéraires existent. Et l’on peut tout de même regretter qu’ils ne remplissent plus leur fonction principale. Les grands lecteurs n’ont évidemment pas besoin d’eux. Mais il y a tous ces lecteurs, les plus nombreux, qui, ayant acheté ou reçu un livre qui a été primé, s’éloignent encore un peu plus de la littérature, parce qu’ils sont déçus. Et franchement, dans bon nombre de cas, on les comprend!

      A propos de lecteurs, on avait fait, il y a bien vingt ans de cela, une petite étude du coefficient de lecture. En moyenne, les livres primés et certains livres à la mode n’étaient lus entièrement que par moins de la moitié des acheteurs, et c’était parfois nettement moins d’un tiers. Par ailleurs, des auteurs qu’on ne trouvait jamais sur les premières marches des podiums, pouvaient avoir une demi-douzaine de lecteurs par exemplaire vendu : il suffisait que leurs livres se prêtent entre amis ou en bibliothèque. Cela pour dire qu’un certain équilibre a tendance à se faire, fort heureusement.

      Cela ne m’empêche pas d’applaudir l’intervention de Jacques De Decker. Il a raison et l’indifférence à l’égard des dérives qui affectent le monde des lettres ne serait pas bénéfique.

Laissez une réponse