Warning: Creating default object from empty value in /home/francisd/www/carnet/wp-content/themes/carnet/functions/admin-hooks.php on line 160

Note

Soit dit entre nous…

« Soit dit entre nous, écrire m’emmerde » : c’est Philippe Blasband qui le dit.

Réponse de Xavier Hanotte : « Soit dit entre nous, je suis un ours. »

Et Corine Jamar de conclure (provisoirement) : « Soit dit entre nous, j’ai peur de tout. »

Je n’en dirai pas plus aujourd’hui, sinon que ce sont là les titres des trois premiers livres d’une nouvelle série que je publie dans la collection « Escales des lettres ». Ils paraissent en novembre. Muriel Logist et Frédéric Fonteyne les ont merveilleusement illustrés.

Un petit aperçu des textes ?

Bruxelles

Ma famille est iranienne du côté de ma mère. Mes tantes, mes cousins, ma grand-mère, tous vivent à Bruxelles. Mon grand-père maternel y est enterré. Tout cela à cause de mon père.

À dix-huit ans, entre la fin du lycée et le début de ses études universitaires, mon père voulut faire un grand voyage en stop. Il se rendit à l’ambassade d’Égypte, à Bruxelles. On lui donna un formulaire à remplir pour le visa. C’était quelques années seulement après la guerre du Sinaï. Sur le formulaire, il y avait une case « religion ». Mon père ne voulait pas mentir ; mais il avait l’impression, sans doute juste, que s’il indiquait « juif », on lui refuserait le visa.

Il sortit de l’ambassade. Il entra dans l’ambassade voisine, l’ambassade d’Iran.

 

Religion

Je suis un athée sincère. Je suis d’origine juive et musulmane – chiite, pour être précis. Parfois, des gens s’interrogent : comment peut-on combiner deux origines religieuses aussi opposées ?

Je n’ose pas leur répondre que moi-même je m’interroge : comment peut-on n’avoir qu’une seule origine religieuse ? Comment peut-on n’être qu’une seule chose ? Comment supporter cela ?

**

Animaux

Les humains sont distraits, ou plutôt indifférents. Chaque matin, appuyé à mon lavabo, quand j’examine ma truffe dans le miroir, je le sais bien, moi, que je suis un ours. Pourtant, il m’arrive parfois de l’oublier, et d’empatter le rasoir qui traîne sur la tablette. Pour donner le change sans doute. Rasé, j’aurais l’air de quoi, je vous le demande ?

Maintenant, à quelques poils près, il me serait fort difficile de vous expliquer ce qui me différencie d’eux. À les en croire, les individus de mon espèce feraient partie du règne animal. Moi, je veux bien, mais alors pourquoi nous échinerions-nous à leur ressembler ? En fait, la réponse est simple : pour passer inaperçus. Mais franchement, je crois que je perds mon temps. Les humains sont tellement préoccupés d’eux-mêmes qu’ils ne remarqueraient pas un ours en tutu sur une scène d’opéra. D’ailleurs, il y a autour d’eux beaucoup plus d’ours qu’ils ne le soupçonnent. Nous sommes discrets. Et beaucoup mieux léchés qu’ils ne le disent.

Cinéma

Il y a peu d’ours cinéastes. Rien d’étonnant à cela, puisque le cinéma, fût-il d’auteur, reste un art d’équipe et chacun sait que les ours ont une sérieuse inclination pour la solitude. Quand il s’est agi de raconter mes propres histoires, j’ai donc choisi le roman. On y cumule à peu près tous les métiers du cinéma : metteur en scène, scénariste, éclairagiste, ingénieur du son, accessoiriste, opérateur… Ça coûte moins cher en frais de production – un crayon et du papier suffisent.

Mais l’hésitation, voire le regret, subsistent. Je pense d’abord en images et en sons. Aurais-je jamais écrit un livre si je n’avais vu auparavant Un soir, un train d’André Delvaux, The Third Man de Carol Reed ou Je t’aime, je t’aime d’Alain Resnais ? Parfois, il m’arrive de me demander si Le Désert des Tartares est un film de Dino Buzzati ou un roman de Valerio Zurlini.

(Pour les curieux : L’Ours d’Edmond Séchan (1960), avec Francis Blanche. Très cliché, bricolé, mais sympathique.)

**

Heure

Par peur d’être en retard, j’arrive systématiquement en avance à tous mes rendez-vous, qu’ils soient privés, professionnel ou médicaux. Plus la destination est lointaine, plus je démarre tôt au volant de ma voiture. Je suis capable de partir la veille pour me rendre dans les Ardennes ! Pareil avec le train quand je dois aller à Paris. N’allez pas croire que si je roule à vélo, c’est pour muscler mes mollets ou parce que je pense à la planète, non, non, c’est juste que c’est plus rassurant : sur mon deux roues, je prévois mieux le temps que je vais mettre. Il n’y a que lorsque je me rends à mon cours de yoga que je réussis – mais après plusieurs années d’efforts –  à être tip top à l’heure. C’est Lacan, je crois, qui a dit que les gens qui arrivaient systématiquement en avance étaient ceux qui avaient peur de ne pas être aimés. C’est fou le nombre de gens qui se sentent aimés !

 

Orthographe

Je ne vais plus sur les fhorum discuté avec d’autres de nos peurs et fobies respective. A cose de tout ces gens qui écrive avec leurs piés, j’ai attrappé une nouvelle fobie: celle de me mettre à faire, moi aussi, des fôtes d’ortografe à chaque phrase. Que dis-je : à chaque maux!

**

A suivre!

0 Commentaires ↓

Pas encore de commentaires.

Laissez une réponse