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Note

Le dernier des immobiles

C’était il y a dix ans. Ce qui était au départ un documentaire sur le poète Matthieu Messagier était devenu un long-métrage, réalisé par Nicola Sornaga sous le titre Le dernier des immobiles. Messagier avait été en 1971, avec Michel Bulteau, l’initiateur du Manifeste électrique aux paupières de jupes, livre-phare de la nouvelle poésie française. Le Castor Astral étant l’éditeur de certains livres de Messagier, Bénédicte Pérot, qui assure là mille et une tâches depuis de nombreuses années, avait été invitée à la projection du film. Nous en avions parlé, elle et moi, au téléphone, et je n’avais pas été étonné qu’elle aille à cette soirée avec des pieds de plomb. Le monde des poètes, il y aurait beaucoup à en dire et ça prendrait des lunes, disons simplement que ce n’est pas le milieu le plus attrayant que je connaisse…

Et puis il s’est passé quelque chose d’inattendu. Bénédicte m’a téléphoné pour me dire qu’elle avait adoré le film et elle m’a donné envie de le découvrir. Coup de chance : il est sorti en DVD et grâce à mon ami (et poète exceptionnel – c’est le Andy Warhol de la poésie contemporaine) Daniel Fano, j’ai pu voir Le dernier des immobiles. Quel bonheur, un film comme celui-là. Rien d’intellectuel dans la démarche de Nicola Sornaga. Tout est merveilleux dans son film, conçu comme une étrange promenade dans un monde qui ressemble au nôtre mais qui est tellement plus vaste et plus touchant. Epopée burlesque et poétique, a-t-on envie de dire. Mais ça pourrait faire peur. C’est une histoire faite de bric et de broc, mais pas décousue pour autant. On dirait un enfant qui ouvre sa malle et vous fait voir ses trésors. On va de surprise en émerveillement, alors que tout est banal sans doute – mais il y a le rêve, l’imagination…

Sornaga fait penser au Jacques Rozier de Maine Océan (dont j’ai parlé dans ces carnets, un des premiers articles), au Jour de fête de Tati, à Rumba peut-être aussi, d’Abel & Gordon. C’est la même famille. Une famille fantasque et discrète, touchée par la grâce.

Deux ou trois petites choses encore : il y a d’épatants hippopotames dans ce film, ce qui n’est pas courant. Et on y entend d’un bout à l’autre des musiques et des chansons formidables. Quand je l’ai vu pour la première fois, je me suis dit ceci après quelques minutes : un type qui a collé sur son mur la pochette du fabuleux disque Calypso Is Like Soque Robert Mitchum (oui, l’acteur), après un séjour à Tobago, avait sorti en 1957, c’est un type qui mérite qu’on lui accorde un peu d’attention. C’était une erreur : il en mérite énormément.

 

 

2 Commentaires ↓

2 réponses à “Le dernier des immobiles”

  1. Nom anne-marie pieters 18 septembre 2012 à 17 h 59 min #

    Que de souvenirs aussi que cette chanson!
    Merci, par ce billet, de nous la faire redécouvrir.

    • francis dannemark 19 septembre 2012 à 7 h 28 min #

      Tout le disque (que j’ai encore en vinyle) est une merveille! Il a réédité en CD, heureusement. C’est drôle, c’est joyeux et dansant. Qui imaginerait Robert Mitchum, le dur, le cynique, en train de chanter des chansons pareilles. Et pourtant!

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