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Note

Femmes nues…

« Corman avait dit un jour à Nicholson que le succès des films d’auteur européens tenait davantage à la sexualité explicite qu’à autre chose. Sa théorie semblait se confirmer. Nicholson confie :  (…) Je commençais à me demander si le succès de Blow-Up, par exemple, ne tenait pas davantage à la fameuse femme nue qu’à la modernité du récit. »

Ce bref extrait du Nouvel Hollywood (en anglais : Easy Riders, Raging Bulls) de Peter Biskind m’a fait sourire. Et m’a renvoyé à ce que je pensais (sans oser le dire) à l’époque – autour de 1975 –  où je découvrais simultanément le Nouveau Roman, la Nouvelle Vague et les films du nouvel Hollywood. Pas systématiquement mais très souvent, il y avait, sous le vernis intellectuel qui « garantissait » l’authenticité et la pureté de la démarche des jeunes écrivains et réalisateurs, ces choses plus communes que sont le désir de sexe, d’argent et de gloire – et l’envie très banale d’être vizir à la place du vizir…

Le temps qui passe a ceci de merveilleux qu’il permet de réévaluer. Mais jamais de juger – pour cela il faudrait mille ans… et encore.

2 Commentaires ↓

2 réponses à “Femmes nues…”

  1. Florence 13 septembre 2012 à 18 h 39 min #

    Les 2 livres de Biskind sont mes préférés sur le cinéma ! Des « pavés » que j’ai lus avec le plus grand plaisir ! Vivement qu’il en sorte un autre :-)

    • francis dannemark 13 septembre 2012 à 22 h 14 min #

      C’est passionnant, vraiment – mais j’avoue que, dans le domaine de l’histoire du cinéma, il y a des ouvrages que je préfère. Pour deux raisons : la première, c’est que le cinéma de ce qu’on appelle parfois la Renaissance hollywoodienne (1967-1980) n’est pas celui que j’aime le plus (période excitante – et excitée – qui ne vieillit pas trop bien, me semble-t-il) ; la seconde : Biskind est d’abord un journaliste et chaque chapitre est conçu comme un long article, très touffu et de structure assez éclatée ; cela dit, ça colle parfaitement avec le sujet et, volontairement ou non, il restitue dans son écriture quelque chose de ces temps particuliers. En fait, ce que je trouve gênant, c’est l’accumulation de noms, on dirait un roman avec trois cents personnages secondaires, et il les nomme tantôt par leur nom de famille, tantôt par leur prénom (ou leur surnom) – bref, il faut souvent faire marche arrière pour savoir de quel Bob, de quel Bert, de quel Bart il s’agit. L’éditeur aurait dû mettre un peu d’ordre là-dedans…
      En réalité, Biskind parle peu de cinéma mais beaucoup des gens (dont il fait des portraits en mouvement et très « acides », si j’ose dire…) et plus encore de l’ambiance de l’époque. Il le fait en sachant de quoi il parle, visiblement, et je reconnais que s’il privilégie les anecdotes, elles sont souvent très révélatrices et qu’on y lit clairement les failles qui vont vite transformer la renaissance en décadence…

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