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Note

Le temps des livres

Avant-hier, je suis rentré chez moi avec les bribes d’une conversation en tête et je repense ce matin encore à ce dont nous avons parlé, Brigitte, Sarah, Elisabeth et moi, et qui pourrait se résumer en une formule du genre « Grandeur et misère d’Internet ».

Que le monde ne soit plus le même depuis l’avènement de l’informatique et d’Internet est une évidence. Quant aux modifications profondes dans notre façon de voir le monde, de vivre, de penser, de connaître, de ressentir des émotions, je pense qu’il faudra de longues années avant d’en prendre la mesure réelle.

Mais aujourd’hui, je vois ceci : Internet permet de diffuser largement et à une vitesse extraordinaire le meilleur de ce que produit l’esprit humain et, tout aussi largement et rapidement, les preuves de son incommensurable bêtise.

Et je me souviens de ce que disait le vieux professeur du film Goodbye, Mr Chips : l’enseignement, ça devrait servir à apprendre deux choses aux jeunes, le sens de la mesure et le sens de l’humour.

Le sens de la mesure, comment peut-on le conserver dans un univers qui ne connaît plus que l’ivresse de la vitesse, de l’urgence ?

Le drame d’Internet, pour moi, c’est là qu’il réside, dans le rythme qu’il impose à nos vies, de manière directe et indirecte. Lorsque tout va vite, réfléchir n’est plus de mise, prendre un peu de recul n’a plus de sens, laisser mûrir les choses semble terriblement obsolète.

Est-il plus grand luxe que d’avoir du temps ? Je ne crois pas. Et je crois donc que nous devenons de plus en plus pauvres…

Heureusement, il reste la littérature (sophistiquée ou populaire, sur papier ou en version numérique). On peut s’arrêter, faire marche arrière, prendre un autre rythme, s’éloigner et revenir. On l’a tous vérifié : quand on est pris par sa lecture, le temps s’arrête, on ne le voit plus passer. Il redevient alors notre allié.

 

 

5 Commentaires ↓

5 réponses à “Le temps des livres”

  1. gilda 26 août 2012 à 17 h 28 min #

    Très d’accord sur le meilleur et l’incommensurable bêtise, d’ailleurs la journée de vendredi riche en informations d’importance très inégale ou qui aurait dû l’être en fut la preuve flagrante. Et dans ces cas-là c’est surtout l’incommensurable bêtise qui l’emporte (comme dans la vraie vie ?) mais elle s’y trouve effectivement démultipliée.

    Mais sur le fond, je ne partage pas ce sentiment de désemparement (?) (je ne trouve pas le terme) face à l’urgence et au foisonnement. Il est facile de ne pas se laisser embarquer, tout à fait possible d’être sélectif face au second et au contraire grâce à l’outil incomparable que c’est gagner du temps – ça a dû t’arriver pour le cinéma même, une brève recherche sur le réseau plutôt qu’une longue parmi tes encyclopédies -, de l’indépendance aussi – je me souviens des temps d’avant lorsque pour se tenir un tant soit peu informé de la marche du monde nous étions tributaires de médias officiels.
    Au fond c’est peut-être un art, le savoir-vivre avec l’internet ; comment goûter son charme fou sans en devenir prisonnier. Quand tu le souhaiteras je te montrerais quelques pistes, après c’est à chacun de faire ce monde particulier si intense et peu concret, à sa propre mesure.

  2. gilda 26 août 2012 à 17 h 31 min #

    PS : Si ça peut te rassurer chez moi comme chez la plupart de mes camarades, l’internet n’a pas empiété sur le temps du livre mais sur le temps de la télé. Nous sommes nombreux parmi les internautes actifs à ne plus la regarder, sauf quelques séries, généralement anglo-saxonnes, de qualité.

    • francis dannemark 27 août 2012 à 9 h 34 min #

      J’imagine en effet qu’un certain nombre de gens gagnent beaucoup de temps grâce à Internet. Nouvel art de vivre? Peut-être. Mais si, comme tu le dis, le temps passé sur Internet remplace le temps que les gens passaient devant la télévision, ça fait quand même beaucoup de temps… Les statistiques, en tout cas, indiquent que ça représente non pas des minutes mais des heures chaque jour. Si l’on additionne le temps de dormir, de manger et de travailler et que l’on ajoute les heures Internet (et/ou télévision), ça ne laisse pas vraiment grand-chose comme marge. Et je note que dans les commentaires qu’on trouve sur les blogs, la plainte récurrente est le manque de temps. Est-ce si bête de penser que si ces gens étaient moins sur Internet, du temps, ils en auraient un peu plus?

  3. Catherine 27 août 2012 à 19 h 15 min #

    Lire, et aussi nager, font oublier le pire parfois pendant 10 minutes d’affilée…

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