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Note

Gregory La Cava

Imaginez un peu ça : nous sommes au milieu des années 30 aux États-Unis, la Dépression bat son plein, des millions de personnes vivent dans le dénuement. Les riches, eux, sont très riches. Comme ils s’ennuient, ils inventent des jeux. Un soir, dans la salle de bal du Waldorf-Ritz Hotel, le jeu consiste pour eux à ramener des objets inutiles, désuets, incongrus. En tête d’affiche, une chèvre, un rouet, un bol contenant des poissons japonais… Mais c’est Irene (un des plus beaux rôles de Carole Lombard), fille parfaitement fofolle d’un industriel bourru (et pas dupe de la folie du système), qui emporte la palme : dans la décharge municipale, elle a trouvé un clochard, Godfrey (interprété par un William Powell absolument parfait), et l’a ramené en lui promettant cinq dollars. Avant de s’en aller, ce dernier adresse quelques mots bien sentis à la foule qui l’entoure et Irene, dans un bref éclair de conscience, réalise qu’elle n’a peut-être pas bien agi… Une idée s’impose alors à elle : elle va engager Godfrey comme majordome.

C’est ainsi que commence My Man Godfrey (Mon homme Godfrey) de Gregory La Cava, un des meilleurs réalisateurs américains des années 30 (dans le domaine de la comédie, il était alors quasi l’égal de Frank Capra et de Leo McCarey) et l’un des plus oubliés aujourd’hui. Il faut dire que sa carrière s’est interrompue assez rapidement. Les producteurs le détestaient et, au premier faux pas, ils se sont empressés de se débarrasser de cet énergumène qui buvait trop, qui abandonnait son travail pour aller vendre des hot-dogs ou venait au studio avec son psy et qui, surtout, ne respectait pas les règles en vigueur : il modifiait les scénarios en cours de tournage et improvisait des dialogues avec le scénariste et les comédiens. Pire : il tournait dans l’ordre chronologique au lieu de suivre le plan de tournage (tous les extérieurs en même temps, toutes les scènes dans le salon d’affilée, etc.), ce qui donnait au jeu des comédiens une vivacité peu commune mais coûtait fort cher au producteur.

Heureusement, tous ses films ne sont pas perdus. On trouve facilement Mon homme Godfrey, La fille de la 5ème avenue ou Pension d’artistes. Et un de ces jours, tout le monde saura que My Man Godfrey est un chef-d’œuvre du cinéma et qu’il vient de cette époque où l’on pouvait prendre les grands problèmes à bras le corps sans les intellectualiser et en évitant de rendre les choses encore plus pénibles (ce qui semble très à la mode aujourd’hui…)

 

P.S. My Man Godfrey étant tombé dans le domaine public, j’ai pu en emprunter des extraits pour la vidéo promotionnelle de La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis. 

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