Warning: Creating default object from empty value in /home/francisd/www/carnet/wp-content/themes/carnet/functions/admin-hooks.php on line 160

Note

La saison des films

L’été, me dis-je ce matin, c’est la saison du cinéma. Le monde est plus calme, peu de coups de téléphone, peu d’e-mails, et beaucoup de temps pour voir et revoir des films. Autrefois, à Bruxelles, le cinéma Arenberg proposait chaque été un festival merveilleux, L’Ecran Total. Pendant deux mois, on y passait des classiques (le plus souvent en copie neuve), des raretés, des joyaux contemporains passés inaperçus lors de leur sortie.

Je me souviens aussi de cet été caniculaire que j’ai passé, enfermé dans l’ombre pas assez fraîche mais rassurante de mon appartement, à revoir une grande partie de l’oeuvre d’Alfred Hitchcock.

Ces derniers jours, seul ou avec un de mes fils ou une ou deux amies, j’ai revu Invasion of the Body Snatchers (la version mythique de Don Siegel, qui date de 1956). Noé, qui a seize ans et qui, quoique grand amateur de films, a encore parfois quelque peine à entrer dans le cinéma antérieur aux années 60, s’est visiblement régalé. Et nous, les anciens, pas moins que lui. En quatre-vingts minutes et avec des moyens assez dérisoires, Don Siegel réussit à créer une atmosphère unique et captivante.

Par contre, I Confess (La loi du silence) d’Alfred Hitchcock s’est révélé décevant. Nous nous sommes dit après un moment de discussion que l’explication était fort simple : il y a dans ce film un gros défaut de scénario. L’histoire d’amour entre le prêtre et l’héroïne ne tient pas la route : leur séparation semble accidentelle, son mariage à elle injustifié, le lien qu’ils renouent artificiel. L’excellente mise en scène, la photographie quasi parfaite et la présence de Montgomery Clift, Anne Baxter et Karl Malden permettent d’aller jusqu’au bout du film sans s’ennuyer mais les questions qu’on se pose font à la fin un noeud gênant.

The Cooler (Wayne Kramer, 2003), lui, ne déçoit pas une seconde. Dans un casino de Las Vegas dont le patron (Alec Baldwin, incroyablement menaçant dans le genre relax) refuse de moderniser les lieux, on se prend vite d’affection pour le personnage incarné par William H. Macy : c’est un porte-poisse professionnel, le type qu’on envoie aux tables où quelqu’un risque de faire sauter la banque. Plus chien battu que jamais, Macy est un raté hors concours. Mais il a décidé de quitter Vegas. Avec une serveuse dont il est tombé amoureux (Maria Bello)… Ses ennuis vont dès lors prendre des proportions dignes du monde insensé qui l’entoure. Au fond, The Cooler est un authentique conte de fées : les méchants ne reculent devant rien, ils sont menteurs, violents, sans morale, et l’amour, dans tout cela, a bien de la peine à se frayer son chemin vers la liberté. Bref, The Cooler est une petite merveille à ne pas rater. En plus, la musique est superbe.

Le lendemain, changement de ton, d’époque, de langue… pour des retrouvailles avec un de mes films favoris, Belle époque (1992), du réalisateur espagnol Fernando Trueba, qui avait obtenu l’Oscar du meilleur film étranger. Cela me gêne un peu d’en parler parce qu’il n’existe qu’en version originale sous-titrée en anglais (une cassette VHS correctement doublée en français a circulé il y a quelques années mais il faut se lever tôt pour en trouver un exemplaire). N’empêche : ce film est trop beau pour qu’on n’en parle pas. En Espagne, dans le tumulte des années 30, un jeune déserteur (et ex-séminariste) rencontre un ancien peintre qui vit au fin fond de la campagne. Une amitié se noue entre eux mais, lorsque s’annonce l’arrivée de ses quatre filles, le peintre invite le jeune homme à poursuivre sa route. Très vite il bifurque et revient… Commence alors un chassé-croisé amoureux parfaitement délicieux. Trueba construit son récit avec un humour et une grâce sans failles. Il est servi par des comédiens – et des comédiennes! – talentueux et visiblement portés par la générosité du scénario. « Une célébration de la vie, un vrai chef-d’oeuvre! » s’était exclamé un critique anglais. A juste titre. Une remarque encore : Penélope Cruz avait dix-huit ans quand elle a incarné la plus jeune des soeurs; on peut penser qu’elle n’a jamais été aussi charmante qu’en cette belle époque.

 

5 Commentaires ↓

5 réponses à “La saison des films”

  1. Florence 14 août 2012 à 11 h 34 min #

    J’aurai toujours ce souvenir du juillet-canicule de 2003 quand nous avions été à la Médiathèque emprunter des films avec de la neige pour essayer de se rafraîchir :-)

    • francis dannemark 14 août 2012 à 12 h 52 min #

      Mon Dieu, oui, je m’en souviens aussi! Mais j’ai oublié quels films nous avions trouvés, le souvenir est là, peut-être pas sur le bout de la langue mais au coin de l’oeil. Cette chaleur! J’aime beaucoup plus les étés comme celui-ci, sans la moindre hésitation.

  2. Florence 17 août 2012 à 22 h 23 min #

    Je me souviens qu’il y avait « Extreme ops », qui n’était vraiment pas un chef d’oeuvre mais avait la qualité de contenir beaucoup de neige! Sinon on avait aussi regardé « Le mariage de mon meilleur ami » et « La fille sur le pont ». Mais sans doute pas le même jour…

  3. Florence 20 août 2012 à 9 h 54 min #

    Super,un grand merci ! il se peut que ma boîte mails soit pleine, je vais vérifier de suite. Bonne journée !

Laissez une réponse