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Note

Des livres pour vivre et des perroquets

Inutile, me dis-je ce matin, de prendre un avion pour aller se plonger dans l’atmosphère de Bornéo. L’ambiance des terres lointaines, c’est ici, dans la banlieue de Bruxelles. Après une courte journée chaude et ensoleillée, les nuages sont de retour. Vers huit heures, à peine annoncée par quelques rafales de vent, une averse aussi brève que violente s’est déclarée. Sur le sol qui avait conservé un peu de la chaleur de la veille, l’eau s’est vite évaporée, créant une brume tropicale très réussie. Il faut ajouter que la bande sonore était de premier ordre : le matin, le caquètement des perroquets est particulièrement exotique. Pour ceux qui l’ignorent, il y en a des milliers à Bruxelles. A vrai dire, ce ne sont pas des perroquets mais de grosses perruches de couleur vert pomme. Il semblerait qu’il y en ait de deux espèces : des perruches à collier et des veuves.

De Bornéo à Bob Morane, il n’y a qu’un léger saut de la pensée. J’ai donc repris le cours des idées qui m’occupaient avant de me lever. Je songeais alors à ces livres qui, au fil du temps, m’ont aidé à vivre. Ils ont en commun de m’avoir fait sourire ou rêver, de m’avoir donné la force de continuer à avancer malgré la pluie, le chagrin, les malheurs et les tracas de toutes sortes. Fournisseurs d’espoir, ils n’ont finalement jamais perdu leur pouvoir : le simple fait de me souvenir d’eux me fait encore du bien aujourd’hui. De mémoire, j’ai eu envie d’en faire la liste, sachant que, bien sûr, elle serait très incomplète (la poésie, par exemple, j’en parlerai une autre fois). Les aventures de Bob Morane en font évidemment partie (leur auteur, Henri Vernes, a fêté ses 93 ans en octobre dernier ; j’ai encore bavardé avec lui il y a quelques mois et je me suis demandé comment on pouvait être aussi jeune à un âge aussi avancé – cet homme est une merveille de la nature au même titre que le baobab). Il y aussi Marcel Pagnol (dont j’ai relu les souvenirs d’enfance une fois par an pendant de nombreuses années), Boris Vian, Daniel Boulanger (dont chaque nouvelle est un concentré de magie quotidienne), Francis Scott Fitzgerald, Vladimir Nabokov, Bohumil Hrabal, Gabriel García Márquez… Et comment oublier le bonheur d’avoir lu Marie Gevers, Eric Ambler, Raymond Chandler et, plus tard, Vita Sackville-West, William Boyd et Jim Harrison ? Les Villas sans souci de Georges Kolebka sont encore aujourd’hui un lieu de villégiature qui m’est cher. Et les chroniques d’Alexandre Vialatte sont toujours à portée de main. Un coup de blues ? Parmi les remèdes magiques, il y a, figurez-vous, la lecture de quelques pages de Gabriel Chevallier, l’auteur hélas bien oublié de la saga de Clochermerle; son roman Les héritiers Euffe reste un de mes livres favoris. Aujourd’hui, à la meilleure place dans la petite bibliothèque qui se trouve près de mon lit, il y a des livres de Denis Grozdanovitch, de Jerome Charyn et d’Elizabeth von Arnim.

Même si, depuis un certain temps, la plupart de mes lectures se font dans le domaine du cinéma (Goldwyn : A Biography de A. Scott Berg est plus passionnant que la majorité des fictions), je vis avec tous ces romans qui sont en moi. Et le cri des perroquets dans la pluie d’un matin d’été, ne vient-il pas des premières pages somptueuses de L’Ambassadeur de Jef Geeraerts ?

9 Commentaires ↓

9 réponses à “Des livres pour vivre et des perroquets”

  1. Laurent Tordjman 19 juillet 2012 à 20 h 39 min #

    Bonjour,
    Vos perruches Belges de Bornéo m’ont fait penser à Conrad et Barcelone. Je me suis rappelé la luxuriance lourde mais tellement évocatrice qui cernent les héros tourmentés des romans du grand Joseph. Et la Rambla où se nichent aussi les perruches vertes est une artère si propice aux rêves que je n’aurais pas été surpris d’y croiser Smith Smith en vacances loin de sa Babylone idéale.
    J’aime cette idée du pouvoir des livres sur nos vies et les rebonds de pensée qu’ils nous impulsent. Ce pouvoir étant probablement l’un des rares auquel il soit agréable de se soumettre en pleine confiance.
    Alors je garde précieusement à portée d’oreiller ma pile fétiche, parmi laquelle il y a en sécurité quelques titres communs aux vôtres….

    Laurent

  2. francis dannemark 20 juillet 2012 à 9 h 46 min #

    C’est un immense pouvoir qu’ont les livres. Les films aussi. Ils nous font voir le monde autrement. Littéralement, ils élargissent notre vision – et donc notre vie. Sans les oeuvres d’art pour nous ouvrir les yeux (et le coeur), elle serait bien pauvre, notre existence, n’est-ce pas?

  3. gilda 21 juillet 2012 à 19 h 26 min #

    Tiens, cette composition du moins à partir de 7 mn et que je recherchais pour tout autre chose m’a fait penser à ton billet
    http://youtu.be/EFkepewFc4o

    • francis dannemark 5 août 2012 à 10 h 13 min #

      Cela me fait songer à des musiques que j’écoutais beaucoup autrefois. Et qu’on a retrouvées durant la vague « lounge ». Bons souvenirs!

  4. Nom Anne-Marie 25 juillet 2012 à 14 h 25 min #

    Les livres nous portent vers d’autres rêves, d’autres lieux, d’autres espoirs… Quelquefois,ils recolorent nos vies comme c’est le cas de vos romans pour moi.

    Ils sont , également,précieusement installés près de mon lit mais bien séparés des autres que j’ai aimé.;)

    Au plaisir de lire vos billets, je vous souhaite une très belle journée.

  5. Florence 3 août 2012 à 9 h 12 min #

    Francis, tu passes aujourd’hui sur La Première dans Backstage, entre 17 et 18h et tu ne l’as même pas annoncé dans ton carnet ?! :-) J’espère que tu publieras le podcast.

    • Nom anne-marie pieters 3 août 2012 à 11 h 17 min #

      La modestie de monsieur Dannemark…;)

      • francis dannemark 5 août 2012 à 10 h 24 min #

        Et sa distraction aussi…

        On peut ajouter que faire de la pub pour mes propres livres m’a toujours gêné. S’il est agréable de parler avec des gens qui les ont lus et qui ont envie de les évoquer ou de poser des questions, il est par contre difficile de faire de la promo auprès de ceux qui ne les connaissent pas.
        L’idéal, c’est peut-être de proposer des extraits, accompagnés d’informations aussi objectives que possible.

    • francis dannemark 5 août 2012 à 10 h 16 min #

      C’est vrai. Je n’ai pas pensé à le faire savoir. Mais quand l’émission sera disponible en podcast (lundi ?), promis, je mettrai un lien! A part ça, j’ai été heureux de retrouver Martine Cornil et je me suis senti bien durant cette heure passée à parler avec elle. J’espère que ce plaisir a été partagé par les auditeurs.

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